Belgiumgate: VdM et ses engagements vis-à-vis Moukhtar Ablyazov – piège ou trahison de justice?

Belgiumgate: VdM et ses engagements vis-à-vis Moukhtar Ablyazov – piège ou trahison de justice?

Dirk van der Maelen a-t-il été poussé par des obsessions d’origine médiatique contre les trois milliardaires kazakhs vises dans l’enquête parlementaire actuelle qu’il mène? La commission qu’il preside n’a rien trouvé en matières qui pourrait rendre le troïka centrasiatique devant la justice. Maintenant, il semble que VdM a invite un quatrième Kazakhstanais, lui Kazakh pur et dur, pour livrer des « preuves » contre ses trois compatriots. Il ne s’agit d’autre que Moukhtar Ablyazov, condamné à 20 ans de prison ferme dans sa patrie pour détournement d’au moins 6 milliard de billets verts et en Angleterre our avoir menti devant la justice sur les origines et les destinations de ses fonds volés. En outre, M. Ablyazov est maintenans l’objet de recherches judiciaires au Kazakhstan pour son rôle dans la mort, en 2004, de son partenaire bancaire, depuis lors considérée comme « accident de chasse ». Mais selon le tireur, il s’agit bel et bien de meurtre…

by Charles van der Leeuw, writer, news analyst

Belgiumgate: VdM et ses engagements vis-à-vis Moukhtar Ablyazov – piège ou trahison de justice?L’assassin présumé de Yerjan Tatichev, cofondateur et copropriétaire, avec Moukhtar Ablyazov, de la Banque Touran-Alem ou BTA, a maintenant avoué sa responsabilité dans la mort du banquier, en décembre 2004, depuis lors officiellement considérée « accident ». Selon les policiers intervenus juste après l’incident, un fusil placé sur le siege arrière du véhicule s’était déchargé tandis que la voiture suivait une bande de loups à grande vitesse, envoyant une balle par la tête de M. Tatichev. Peu après, Ablyazov s’empara des actifs en possession des héritiers de son compagnon défunt, à travers d’un ordre judiciaire – probablement racheté.

Le nom du tireur est Mouratkhan Tokhmadiëv, alias Mourka, alias Tokmadi. A l’époque, il menait une bande ciminelle qui s’engagait de trafic d’armes, drogue et autre contrebande sur la route Afghanistan-Kirgizie-Kazakhstan-Russie, en passant par l’extrême sud du Kazakhstan, notamment par la ville de Djanboul. Plus tard, il s’installerait à Almaty, en guise d’un bon père de faille, entrepreneur (il possède la plus grande verrerie de la ville), amateur de sports et mécène. Ce ne fut que pendant l’hiver de 2016/’17 qu’il deviendrait l’objet de recherches judiciaires pour ses activités clandestines, notamment les ventes de pétrole volés des champs pétroliers un peu partout dans le pays (le Kazakhstan produit 1,8 millions de barils de pétrole cru par jour) qu’il avait ajouté à son reseau.

Ce serait dans la sale d’audience du tribunal régional d’Almaty qu’il surprendrait les juges en confessant que s’était bien lui qui avait tiré Yerjan Tatichev une balle par la tête, sur l’instruction de Moukhtar Ablyazov, en saisissant le pistolet de son garde-corps qui était assis à côté de lui. L’audience était enrégistrée sur video, dont une copie serait donnés aux medias et plus tard utilisée par le quotidien centre-droit espagnol El Mundo dans un reportage .

« Chaque fois qu’il [Ablyazov] me parlait, il insistait que Yerjan n’était pas un homme de son parole, raconte l’assassin. Peu à peu, il réussissait à me convaincre, en me manipulant, et en m’assurant que rester ami avec lui serait à l’avantage de nous deux. Il me proposa de resoudre le problème par la liquidation physique de Yerjan. Elle devrait se passer pendant une excursion de chasse, afin de la faire ressembler à un accident. Et puis, c’est comme ci que le boulot était fait. »

Toujours selon sa declaration, Mourka recevait la somme de 20 000 dollars américains, à condition qu’il se tairait par rapport à la vérité pour toujours. C’est qu’il a fait jusqu’en juin 2017. « Après l’incident, la banque fit une demande pour une enquëte judiciaire qu’elle retira peu après, dans les mots du tireur. Je finissais par me réaliser que tous les évenéments avaient été orchestrés par Ablyaov. C’est bien lui qui a ordonné la mort de Yerjan. »

Voilà donc l’homme pour qui Van der Maelen selon des rapports dans la press anglophone (les medias belges restent muets par rapport à l’affaire) aurait déroulé le tapis rouge, en promettant de l’asile politique et « protection d’état » contre la justice belge aussi bien qu’aux autorités judiciaires et gouvernementales de l’étranger – à condition qu’il apporte des « preuves » contre ses trois compatriots. L’ironie est que le banquier-escroc et maintenant assassin présumé doit ainsi profiter de la mème legislation belge dont les trois metallurgistes du Kazakhstan sont accusés de l’avoir fait passer dans la clandestinité…

Quant à M.Ablyazov, il avait d’ores et déjà laissé des traces d’escroquerie à grande échelle dans la république ex-soviétique. Comme à la mode à cette époque, l’oligarche en formation avait accepté des postes au sein du gouvernement comme ses contrepartis en Russie (Boris Bérézoveky représente l’example classique) s’étaient places dans les hauts rangs de l’état.

Le criminal col-blanc, qui nie toujours toute responsabilité et se veut victime d’oppression politique. Avant son entrée à la banque, il avait été condamné a 6 ans de prison, puis pardonné, pour des abus de biens publics pendans sa briève carrière de minister. Plus tard après sa fuite, le gouvernement brittannique où il jouissait son exil en se baignant dans le grand luxe lui a accordé le statut de refugié politique sous des arguments bien vagues. Récemment, c’est le government de France qui, en violation de des ordres de la justice qui avait ordonné son extradition vers la Russie qui le cherche sous inculpation d’avoir blanchi ses fonds détournés du Kazakhstan sur son territoire, a libéré le voleur et lui permis de demeurer dans le pays. Mais l’argument du Conseil d’Etat français a été des doutes par rapport au traitement de prisonniers et le danger d’une extradition vers le Kazakhstan. C’est-à-dire: « droits de l’homme » – et sans se prononcer sur l’éventuelle culpabilité de l’inculpé. Alors maintenant, la Belgique ou au moins VdM qui s’épuise dans des larmes de crocodile…

L’ argument « politique » a pourtant été rejeté par les tribunaux anglais, qui sur requête de la banque BTA, maintenant contrôlé par l’état après une opération d’urgence de récapitalisation, ont gelé tous les actifs directement ou indirectement sous contrôle de M.Ablyazov sur le territoire brittanique, afin de faciliter leur recupération par la banque. A l’heure actuelle, M. Ablyazov risque de passer en prison pour une période de 22 mois pour avoir menti au tribunal par rapport à l’identité et la localité de ses fonds.

Entre 2004 et 2009, sous la signature de M.Ablyazov, alors président, la banque a accordé nombre d’emprunts à des entreprises étrangères dont la plupart avaient l’air tout à fait respectables, donc fournis d’assez d’actifs pour couvrir les risques de non-paiement. Détail piquant et trouvaille fatale: les dits crédits étaient transférables à des partis tiers, voire des entreprises fantôches situées sous des abris fiscales et sans actifs tangibles. Les autorités judiciaires en Grande Bretagne ont d’ores et déjà identifié plus de 600 firmes-boîte-postale offshore établies dans ce but.

Dans des tels circuits, à part d’abris offshore comme les Caraïbes, les Seychelles, le Chypre et les Pays-bas, la Suisse ne pourrait guère manquer. On écrit le 6 août, 2008, lorsque BTA, encore sous la main de M. Ablyazov et ses associés, accorde un crédit de 57.5 millions de dollars à RIROIL Sarl, compagnie génévoise. Date de maturité: le 5 août 2013. Puis, le 14 janvier 2009, la dette serait transférée, tout à coup et sans raison donnée, à une firme appelée REUEL, Iles de Vièrges brittaniques – à l’instar de RIROIL sans tangibles pour couvrir le crédit. Sur le document de la transaction, la dette est maintenant qualifiée comme non-sécurisée, et la date de remboursement reportée au 31 décembre 2015 et sans obligations relatées à un éventuel non-paiement.

La première apparence de RIROIL date de sa régistration à Genève, 14 rue du Rhône, le 22 mai 2002, sous la direction des frères Raouf et Rakhman Khalilov, dont chacun a fourni $100 000 comme capital. Les buts de l’entreprise: « fourniture de services financiers et autres services aux sociétés du groupe ISR Holding et aux sociétés apparentées ainsi qu’à des tiers; commerce et fourniture de pétrole brut, produits dérivés du pétrole ainsi que le stockage, transport et distribution de tels produits ; operations portant sur des instruments financiers ou contrats liés à de tels produits ».

Selon de la documentation encore disponible, RIROIL avait une mi-dizaine de vaisseaux-pétroliers en service. Un troisième frère dans la famille, Iskander (aussi Iskender) Khalilov, est le fondateur du ISR Holding, engagé dans l’immobilier de grand prestige notamment à Bakou, où jadis on ouvrait l’Hôtel Radisson, plus tard un Hilton. Azéri d’origine avec la nationalité russe, Iskander a fait sa carrière comme co-gérant de la compagnie de pétrole Slavneft, propriété d’état russe et bélorusse, sous la direction de Mikhaïl Goutsériev. Or, à l’époque de la transaction entamée par Ablyazov, suivant la vente de Slavneft par les états partenaitres, Goutsériev était inculpé et cherché par la Russie pour des abus de fonds multiples. Il y retournerait en 2010, pardonné. Son nom reapparaîtrait en 2011, en rachetant un grand projet à Moscou, Eurasia Tower, aussi sujet des recherches judiciaires en Angleterre, d’une autre cmpagnie en panne sous contrôle d’Ablyazov, pour un mi-milliard de dollars – soit moins d’un quart de la valeur nominale.

Entretemps, à Genève, le 15 janvier 2004, RIROIL déménage. Nouvelle adresse: 18, rue du Marché. La nouvelle régristration dévoile que les statuts ont été «actualisés le 15.12.2003 sur un point non soumis à publication». Le 13 décembre 2007,on déménage de nouveau. Nouvelle adresse: 40, rue du Marché. ISR Holding, avec Singapour comme domicile, ajoute 800 000 dollars au capital. Puis, le 28 novembre 2008, « l’associé Rakhman Khalilov n’est plus gérant ; ses pouvoirs sont radiés » – selon le document de régistration. Le nouveau gérant s’appelle Mark Grandjean, qui donnera sa place à Lilia Baranova, de nationalité russe, le 16 avril 2009. Le 6 novembre de la même année, RIROIL change son nom en TANIL Sarl. Les frères Khalilov « ne sont plus associés » selon la mutation dans la régistration, et ont rendu leurs intérêts à ISR. Deux semaines après, on déménage à Fribourg, sous la direction d’une certaine Mme Andrey Olivier. Puis, le 2 mai 2011, le Tribunal civil de Fribourg ordonne la dissolution tandis que « sa liquidation a été ordonnée selon les dispositions applicables à la faillite ».

Or, la filière Suisse mène vers un cinquième bête-noire de nationalté kazakhe, maintenant à l’abri à Genève avec sa famille. Lui-même inculpé pour avoir détourné des centaines de millions en devises au Kazakhstan, défie contre ces accusations en utilisant le même tirelire soi-disant humanitaire qu’Ablyazov – don’t d’ailleurs la fille est marié a son fils Ilyas. Maintenant, la Cour anglaise s’est prononcée en faveur de l’implication de la famille Khrapounov dans les dossiers d’Ablyazov. C’est à dire que la voie est ouverte pour déclarer les biens des Krapounov gelés, comme la Cour a fait avec ceux d’Ablyazov en 2010, confirmé en 2012 après des appels de la part des avocats du voleur. (à suivre)

 

Share