Les Khrapounov en Suisse/hors Suisse: des fonds d?tourn?s en d?tour

Une fois blanchi en Suisse et ailleurs, la plupart de la fortune de l’ex-maire d’Almaty, ancienne capitale et actuelle principale m?tropole du Kazakhstan, s’est bel et bien renoirci – suivant la vente de l’entrprise-cl? Swiss Development Group ? un entrepreneur Suisse pour une somme inconnue. Il ne reste pas clair non plus si la vente comprend le holding luxembourgeois qui a servi eomme compagnie-parente pour l’entrprise Suisse. A son tour, cel? laisse lal question o? se trouve l’argent re?u par les Khrapounov pour SDG. En bref, il semble bien qu’il s’agit ici d’une tentative de le rendre impossible de recup?rer des fonds vol?s du Kazakhstan et soup?onn?s d’avoir ?t? blanchi en Suisse par les autorit?s suisses. Affaire ? suivre…

CHARLES VAN DER LEEUW, ECRIVAIN, ANALYSTE

Les Khrapounov en Suisse/hors Suisse: des fonds d?tourn?s en d?tourDans un reportage publi? par Le Temps le 5 avril (http://www.letemps.ch/Page
/Uuid/c608a398-9d64-11e2-
8486-6a361ad02508/Ce_Valais_
qui_r%C3%A9siste_%C3%A0_
Jean-Marie_Fournier
), il apparait que l’un des projets impliquant Ilyas Khrapounov, instrument important dans les operations de ses parents, concernant un centre de loisir et de residence dans le canton Suisse de Valais, non loin de Gen?ve o? habite la famille, entam? par un certain Jean-Marie Fournier, est maintenant sous menace. Une fois pr?sent?, le projet montrait plusieurs irr?gularit?s dans son infrastructure. Aujourd’hui, il semble que le projet est tout ? fait mort.

« Le promoteur r?vait de 1500 lits, dont la moiti? h?teliers, aux Mayens-de-l’Ours, pour l’instant d?pourvus de toute infrastructure immobili?re, dans les mots du Temps. Financ? en partie par la vente de r?sidences secondaires, le tout devrait co?ter quelque 110 millions de francs d’investissement. […] Le PDC valaisan avait choisi comme partenaire Swissdevelopment Group, une soci?t? financ?e par le Genevois d’adoption et PDC Iliyas Khrapunov. Originaire du Kazakhstan, ce dernier a fond? une holding en mai 2009, Swiss Development Group Capital, avec 10 millions de francs issus de la fortune familiale. […] Mais en juin 2012, Iliyas Khrapunov quitte la pr?sidence de Swiss Development Group Capital SA. Et en d?cembre 2012, la RTS r?v?le que la famille Khrapunov est sous enqu?te pour blanchiment d’argent. Le parquet genevois a acc?d? ? une demande d’entraide judiciaire des autorit?s kazakhes qui concerne les parents d’Iliyas et leurs deux enfants. »

L’affaire a coincide avec un coup de theater de la part des Khrapounov, avec le rachat de leur enterprise-cl? Swiss Development Group (SDG) par un home d’affaires Suisse. La somme re?u pour la vente? Myst?re. O? l’argent a-til ?t? vir?? Autre myst?re. Est-ce que le rachat comprend la soci?t? luxembourgeoise SDG SICAV, officiellement gestionnaire de fonds et ?galement contr?l? par Ilyas mais en r?alit? formule de c?che-ce-que-l’on-peut? Quoi que ce soit, l semble bien que la nouvelle transaction fait partie d’une tentative de d?tourner ? nouveau les fonds de la Suisse envers des autres parties, plus exotiques et plus discr?tes, du monde.

Or, le jeune Ilyas avait ?t? rapport? d’avoir fait des visites-?clair, l’ann?e derni?re, en Afrique, l’Asie sud-est, et ailleurs. Notamment au Gabon et au Congo – «R?publique d?mocratique», voire l’ancienne Za?re – il aurait discut? l’?ventuelle entr?e de son holding Suisse, Swiss Development Group, dans les secteurs de mines et de loisirs luxueux. Le tourisme ?tait aussi vis? pendant son escale ? Maca?, pendant l’automne. Enfin, en Gr?ce le famille est entr?e dans un holding connu comme Dolphin Capital, en rachetant une majorit? de ses actions, pour devenir propri?taire d’une site touristique-baln?aire en d?veloppement, Nikki Beach. Parmi les operations en Suisse figurant la restauration de l’h?tel-restaurant Iglo, Mont d’Arbois, et la construction, aux fraix de 300-350 millions de francs suisses, d’une nouvelle complexe de loisir hibernal, Montana Crane, dans le canton de Valais. La plupart de ces op?rations, avec bien d’autres, sont lanc?es ? travers d’un fond d’investissements, install? ? Luxembourg, sous le nom SDG SICAV SIF. Sur papier, tous les droits de propri?t? appartiennent ? un bureau d’avocats dont le nom n’a pas ?t? mentionn?. Dans une annonce r?cente, le fond luxembourgeois, bienqu’on admet qu’il n’a pas ?t? «officiellement lanc?» pretend d’avoir ?t? «enti?rement souscrit – ce qui fait prevue que des investisseurs reconnaissent l’importance de la position du SDG» selon le communiqu?, en indiquant que les CHF 250 millions en actions que la nouvelle entreprise avait pour  «cible» ont d’ores et d?j? ?t? obtenu.Plus tard, un autre quart-milliard aurait ?t? ramass? – toujours selon la direction.

Maintenant, tout a l’air d’avoir ?t? boulevers?. Dans un brief bulletin de presse publi? le 27 mars, SDG annonce son rachat ? un homme d’affaires suisse nomm? Philippe Glatz: « Leader dans la creation de biens immobiliers de haut de gamme, tant en Suisse qu’ ? l’etranger, Swiss Development Group annonce aujourd’hui que le groupe a ?t? acquis par Philippe Glatz qui en devient l’actionnaire principal. Le capital de la soci?t? demeure a 100% aux mains d’actionnaires suisses. Swiss Development Group regroupe, entres autres, les projets immobiliers Du Parc Kempinski Residences ? Chardonne, 51 Degrees ? Loeche-les-bains, Residences Pinacle ? Saas-Fee, l’Hotel Igloo en France, les societes Rockefeller Estates (ventes immobilieres), Rockefeller Living (Club de proprietaires). Philippe Glatz est un entrepreneur actif en Suisse, en France et au Bresil. Ses entreprises oeuvrent dans le secteur hospitalier, dans les domaines industriels, de l’aeronautique et de l’immobilier. Depuis plus de vingt ans, ses entreprises se d?veloppent gr?ce ? une croissance organique, une politique d’acquisitions diversifiees et des strategies de partenariat. “Cette acquisition nous permet d’acc?der ? l’expertise de Swiss Development Group et de son equipe en matiere de developpement immobilier innovant, de creation de projets hoteliers et de projets residentiels haut de gamme avec services exclusifs. En premier lieu, il s’agira d’assurer la continuit? de la croissance de Swiss Development Group en s’appuyant sur les projets en cours, tout en developpant des synergies avec nos societes existantes dans les domaines du service ou de la sant?. Par la suite, l’on pourra engager de nouveaux projets pour renforcer notre secteur immobilier par exemple dans les pays ?mergents ? forte croissance que je connais particulierement bien”, a affirm? Philippe Glatz. » L’annonce cite ?galement Jean-Francois Garneau, directeur de Swiss Development Group, en disant: « Nous nous rejouissons de l’entr?e de M. Glatz au capital de Swiss Development Group et de pouvoir profiter ainsi des connaissances, de l’experience et du soutien de celui-ci. Nous pourrons consolider nos acquis, assurer la croissance et l’expansion de notre entreprise. Nous sommes confiants que l’arriv?e de ce nouvel actionnaire ouvrira de toutes nouvelles perspectives de developpement pour la soci?t?. »

Qui est alors Philipps Glatz? « Dipl?m? des Universit?s de Fribourg et de Toulouse, de 1977 ? 1984, il enseigne le fran?ais, l’histoire, la g?ographie dans le cadre secondaire ainsi que le fran?ais, langue seconde, aupr?s d’adultes, dans le cadre de programmes initi?s par le Conseil de l’Europe, la biographie de l’homme d’affaires se lit. Il quitte ensuite l’enseignement et la recherche appliqu?e en linguistique pour mettre en ?uvre et diriger, jusqu’en 1988, le centre des archives et statistiques m?dicales du Centre hospitalier universitaire vaudois. Dans le m?me temps, il suit des ?tudes post-grade de management et de gestion (orientation syst?mes de sant?) et obtient une Ma?trise f?d?rale d’expert en gestion hospitali?re en 1988. ? partir de 1988, il dirige puis pr?side la Clinique des Grangettes de Gen?ve, ?tablissement hospitalier priv? qui accueille pr?s de 6’000 patients hospitalis?s par ann?e. »

D’ores et d?j? arrive parmi les ?lites intellectuelles et encore montant dans le monde des affaires, M. Glatz d?cida de s’engager dans la politique non plus. Il commence dans le vert. « De 1985 ? 1989, Il si?ge comme ?lu ?cologiste au conseil communal de la ville de Lausanne, la biographie se poursuit. Vice-pr?sident de la commission permanente de l’informatique (de 1986 ? 1988), il est alors ?galement membre de la commission permanente de gestion en 1987 et de la direction de la s?curit? sociale en 1988. En 1989, il quitte Lausanne pour s’installer ? Gen?ve o? il travaille depuis 1988. Il interrompt ses activit? politiques jusqu’en 1997 o? il adh?re au parti d?mocrate-chr?tien genevois. De 1998 ? 2005, il est ?lu d?put? au Grand Conseil genevois o? il est nomm? vice-pr?sident puis pr?sident des commissions de la sant?, des finances ainsi que du contr?le de gestion. D?but 2006, il renonce ? sa r??lection au Grand Conseil genevois pour assumer la pr?sidence du parti d?mocrate-chr?tien genevois jusqu’en 2008. »

Ce que la biographie ne mentionne pourtant pas est un scandale dans lequel Philippe Glatz se trouverait au d?but du nouveau si?cle. Il s’agissait d’une combination incompatible de fonctions dont la v?rit? resterait dans le vide – avec le tribunal reconnaissant la pr?somption d’innocence faute de prevue tandis que le parti que Glatz adh?rait ?tait d’autre avis. « La Tribune de Gen?ve a en effet r?v?l? que Philippe Glatz est administrateur d`une soci?t? – Cassis Management SA – qui a acquis en avril 1997 les actifs de l`ex-New Morning, Le Courrier ?crivait le 3 d?cembre 2003 (http://www.lecourrier.ch/philippe_glatz_porte_plainte_contre_la_tribune_de), apr?s que son confr?re avait ?t? condamn?e ? verser 12 000 francs ? un d?put? genevois et ? sa soci?t? ? titre de r?paration pour tort moral. Le hic c`est que la gestion par les OPF de la faillite de cette ancienne bo?te de nuit est entach?e d`irr?gularit?s (lire ci-dessous). De plus en remplissant sa liste sur les liens d`int?r?ts comme tout candidat au Grand Conseil est tenu de le faire M. Glatz a omis de signaler qu`il ?tait administrateur de Cassis Management SA. Le d?put? n`appr?ciant pas le traitement que lui a r?serv? notre confr?re a d?cid? de saisir la justice. »

Avec le jugement confirm? et l’amende pay? tout semblait avoir ?t? r?gl?. Mais pas au sein du parti. « Du coup r?uni lundi soir le groupe PDC du Parlement genevois a d?cid? que Philippe Glatz se retirerait le temps que toute la lumi?re soit faite de la commission de contr?le de gestion du Grand Conseil, l’article cu Courrier continue. Mesure somme toute assez logique puisque cette commission a enqu?t? sur les OPF en g?n?ral et sur la gestion de la faillite de l`ex-New Morning en particulier. D`ailleurs cette commission demandera la semaine prochaine des ?claircissements ? Philippe Glatz. «Soit il appara?t clairement que M. Glatz est blanc comme neige et l`affaire et close soit il se situe dans une zone grise ou noire et cela se complique» r?sume Pierre Froidevaux pr?sident de la commission de contr?le de gestion avant de pr?ciser aussit?t: «Tout ce que nous pourrions ?ventuellement faire c`est de sugg?rer que M. Glatz ne si?ge plus au sein de cette commission.»

Reste ? pr?voire ce qui va suivre. En Suisse, lles comptes bancaires des Khrapounov ont ?t? g?l?s par la justice. Si les enqu?tes confirment le blanchiment suivi par des inculpations p?nales, toutes transactions de fonds, li?es aux Khrapounov, devraient ?tre d?clar?es ill?gales, y compris la vente de SDG. Quant ? Philippe Glatz, il pourrait ?tre poursuivi pour assistance au d?tournement de fonds ill?gaux. En bref : l’affaire n’est point termin?e. Par contre, elle se complique au jour le jour, et s’?tend tellement que pour Kazakhstan recup?rer ses fonds perdus pourrait se montrer bien difficile.

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