L’origine des fonds du couple Khrapounov, originaires de Kazakhstan, maintenant ?tal?s ? Gen?ve et ses alentours:

Autopsie d’une fortune pas trop personnelle

Parmi toutes les histoires bizarres qui se sont d?roul?es dans, et autour, la R?publique ex-sovi?tique de Kazakhstan, celle de l’ex-maire d’Almaty, ancienne capitale et unique m?tropole du Kazakhstan, est loin d’?tre exceptionelle bien que tout ? fait exemplaire. Sa carri?re comprend une longue s?rie d’abus dont une belle collection de complices a profit? – lui-m?me et sa famille d’abord. Transactions immobili?res ill?gales, pots-de-vin en ?change de couvertures officielles, factures fabriqu?es, abus de biens sociaux – ceux qui connaissent M. Viktor Vatcheslavovitch Khrapounov d’autrefois ont tout vu. Au moins au Kazakhstan, tandis qu’en Suisse on semble ? pr?f?rer de rester assez aveugle.

Charles van der Leeuw – auteur, journaliste, analyste

L’origine des fonds du couple Khrapounov, originaires de Kazakhstan, maintenant ?tal?s ? Gen?ve et ses alentours:ALMATY – Avec une surface d’environ cinq fois celle de la France et une population qui ?quivaut celle des Pays-bas, le Kazakhstan a le dessin ethnographique et d?mographique ?nigmatique par d?finition. Riche en p?trole, min?raux et en plus parmi les dix premiers exportateurs de bl? dans le monde, les liquides s’y sont accumul?es depuis l’ind?pendence apr?s l’effondrement de l’URSS il y a vingt ans.

Mais les revenues n’ont point ?t? distribu?s ? l’avantage de la population tout enti?re. Des tendances de privatisation, pouss?s par les recommendations d’institutions comme le Fond Mon?taire International et la Banque Mondiale, ont cr?e une classe r?clusive de super-richard qui ont jou? sur leurs connections politiques d’abord pour s’enrichir et, dans certains cas, sur leurs sentiments «d?mocratiques» pr?tendus afin de pr?server leurs fortunes ainsi ramass?es – et leur libert? en exile.

La jeunesse dor?e communiste

Parmi ce genre d’hommes l’un des examples par excellence est Victor Khrapounov, aujourd’hui citoyen suisse et parmi les permiers cent super-richards dans le domaine helv?tique. N? en 1948 dans le village de Pri?dgorno?? dans le nord-est de la R?publique sovi?tique socialiste du Kazakhstan, dans une r?gion pourtant domin?e par l’ethnie russe, il termina ses ?tudes au sein du coll?ge d’industrie et de technologie ? Oust-Kam?nogorsk, centre administratif et ville principale de la province.

Apr?s avoir obenu son dipl?me, le jeune Viktor d?m?nageait ? Almaty, o? il travaillait comme m?canicien dans la centrale d’?lectricit? thermique pendant la journ?e en continuant ses ?tudes ? l’Acad?mie de technologie ?lectrique pendant la soir?e. Au m?me temps, comme d’habitude dans la tradition sovi?tique (et d’ailleurs bien avant sous les czars) l’?ducation acad?mique devrait ?tre accompagn?e par l’entr?e dans les cadres de la jeunesse dor?e communiste, formalis?e dans le mouvement du Komsomol, afin de s’assurer d’une carri?re professionnelle et une position dans l’?tablissement publique – voire le Parti communiste.

«Privatisation sauvage»

Il f?t ainsi que pendant sa longue double carri?re M. Khrapounov deviendrait pr?sident du Comit? du Parti dans le quartier de L?nine dans la capitale, puis vice-pr?sident du Conseil municipale, puis pr?sident du Comit? ex?cutif du Conseil, puis, suivant l’ind?pendance, ministre d’?nergie et de charbon et apr?s une r?organisation administrative ministre d’?nergie et de ressources naturelles. Vers la fin de 1997 ? ;a suite d’une crise ?conomique qui avait men? le Kazakhstan jusqu’au bord de l’ab?me, il recevait la position de maire d’Almaty.

C’?tait l’?poque de la «privatisation sauvage»  – retard?e au Kazakhstan mais d’apr?s des examples d’un peu partout dans l’ancienne URSS, o? les nouveaux gouvernements, d?sesp?r?ment ? la recherche de liquides, vendait presque tout pour presque rien. Saisissant l’opportunit?, M. Khrapounov fonda une soci?t? priv?e, VILED International Unlimited, afin de ramasser des actifs acqu?ris sous des licences qu’il autorisait lui-m?me. Or, VILED existe encore, bienque l’entreprise s’est d?plac? vers la Suisse en fonctionnant comme parapluie pour les entreprises, y compris la joaillerie, l’h?tellerie et l’immobilier, sous contr?le du couple et ses enfants.

Ras? sans merci

A cours de 2002, le maire dynamique transf?rerait l’entreprise tous les titres lui appartenant au nom de sa jeune femme Le?la qui d’ailleurs n’?tait point autre que la fille d’un autre oligarche du m?me type actuellement en exil et sous accusation de fraude ? grande ?chelle, Moukhtar Ablyazov, banquier-escroc kazakhstanais entrench? ? Londres. Vers la fin de l’ann?e 2011, M. Ablyazov se trouva sur le soeuil de la prison pour avoir menti ? propos de son butin devant des cours de justice anglaises.

Il ?tait ainsi que tandis que, par example, deux z?nes prot?g?es connues comme Wood Fairy Tale et Oak Grove f?rent rachet?es par une compagnie contr?l?e par VILED, Gulmira Ltd. Sous la direction d’un associ? des Khrapounov appel? Ch?lib??ev, pour une somme d?risoire d’une belle douzaine de milliers d’euros tout ensemble. Une autre compagnie impliqu? dans ce type de transactions ?tait Phoenix Unlimited sous la direction d’un autre complice du maire, un certain G. Moukachev.

Tout sur ces terrains, une fois rachet?s, f?t ras? sans merci: des arbres (y compris des vieux pommiers tr?s pr?cieux), des jardins d’enfants, des maisons de pensionnaires – sans la moindre compensation pour les victimes. Les palais de kitsch et complexes de luxe puis construits sur les sites f?rent revendus – ?videmmant tr?s chers – aux nouveaux riches.

Jeu de pyramide

Dans sa position, Victor Khrapounov ?tait pourtant oblig? de pr?server la paix avec ses concurrents. Ceux ?taient nombreux et puissants. Entre eux, une entreprise contr?l? par un groupe d’investisseurs dont la plupart ?tait d’appartenance ethnique cor?enne nomm? KUAT Holding ?tait le num?ro un en termes de capital – et de poids. Etabli en 1992 avec le but de s’emparer d’actifs vendus par l’?tat, ces seigneurs s’aventuraient dans l’immobilier ? partir de 2002 avec la compagnie subsidiaire KUAT Corporation.

D?s son d?part, KUAT Corp. n’avait jamais l’intention d’investir le moindre sou sauf des petites sommes d?pens?es pour l’achat de terrains. Pour les d?velopper, des contractants f?rent engag?s afin de ramasser des «actionnaires» dont les «investissements» f?rent couverts par des appartements ou des espaces commerciales dans des immeubles encore ? construire avec l’argent ainsi ramass?. V?ritable jeu de pyramide, ce proc?s ne pouvait qu’effondrer en cas de stagnation – ce qui arriva avec la crise de liquides en 2007/’08, laissant KUAT en ?tat de banqueroute avec des immobiliers pay?s et non-livr?s d’une contrevaleur de quelques trois milliards d’euros.

Or, KUAT n’?tait point le seul participant dans le caroussel men? par les Khrapounov. Ainsi, il y a eu le cas, parmi des dizaines d’autres, d’une compagnie appel? Ak-A?oul (Village blanc) contr?l? par Viktor Tso? (point ? confondre avec un jeune chanteur du m?me nom et tr?s populaire dans l’ex-URSS). Prot?g? par l’immunit? d’un si?ge au Parlement, M. Tsoy, apparemment sous couverture de la municipalit?, voire M. Khrapounov, ramassait quelques 20 millions d’euros d’acheteurs «actionnaires» cr?dules, puis reprenait des terrains occup?s par des «squatteurs» tol?r?s mais non autoris?s de construir leurs bidonvilles autour du centre de l’ancienne capitale, en y chassant les habitants . Quant ? Viktor Tso? n certains cas, des eouvres sous l’?gide d’Ak-A?oul effectivement commenc?rent. Mais vers l’?t? de 2009, les sites restaient vides et M. Tso? avait disparu avec plus de la moiti? des fonds de ses clients dup?s.

Des sommes al?atoires

Voil? l’explication, la seule plausible, de l’origine de la plupart des fortunes des Khrapounov. Or, il y en a eu d’autres sources suppl?mentaires. On a trouv? des sommes al?atoires sur les balances d’oeuvres publiques comme le nouveau a?roport d’Almaty et le projet du m?tro.

De plus, les Khrapounov sont soup?onn? de s’?tre appropri?s de licences de publicit? ext?rieure et les sites, un peu partout au centre-ville et sur les grandes routes qui y m?nent afin d’afficher leurs propres n?goces gratuitement et celles de leurs confr?res ? des prix bien ?lev?s. Puis, il y a plusieurs cas de «n?goces  sous question» – parmi elles, le sort de l’industrie, bien d?velopp?e ? l’?poque sovi?tique et donc extr?mement valableet profitable, de cultivations de fleurs, soup?onn?e d’avoir ?t? privatis?e, puis usurp? par une ou plusieurs entreprises sous contr?le du couple.

M. Khrapounov ne f?t mis sous investigation juridique, puis inculp?, qu’au cours de l’?t? de 2011. Un nombre de 16 sites sous construction au centre-ville d’Almaty et dans le nouveau quartier commercial hupp? vers son sud a ?t? saisi – y compris de nombre de factures de compagnies de construction et de service non-pay?es.

Quant aux Khrapounov, qui ont fait leur entr?e-?clair en Suisse en 2007 lorsqu’un avion de cargo Antonov rempli de «biens personnels» du couple – des meubles antiques, de la joaillerie, de l’or et d’autres valables – s’atterrissait ? l’a?roport de Gen?ve. Depuis lors, pas de questions pos?s, pas de r?ponses exig?es en Suisse – endroit o? apparemment les fortunes vol?es se lavent au plus blancs…

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